L'amour est synonyme de patience, de bienveillance. Il n'est jamais jalousie. L'amour n'est jamais violent, ni grossier. Il n'est jamais vantardise, ni égoïsme. Il ne prend jamais offense, n'a aucun ressentiment. L'amour ne prend nul plaisir dans le péché d'autrui mais se réjouit de la vérité. Il est toujours prêt à pardonner, à croire, à espérer et à endurer, quelque soit l'épreuve.
Tiré de A Walk to Remember
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Elle était à quelques mètres de moi. Je l'admirais, encore et encore, ne me lassant jamais de ce visage si parfait. Je fixais ses yeux d'un marron intense, ses fines lèvres, ses cheveux bruns et bouclés descendant doucement le long de son dos. Puis, sa taille si fragile. Je m'imaginais près d'elle, le sourire qu'elle m'accorderait à ce moment précis, son corps frêle entre mes bras. Enfin, je me réveillais de mon songe et voyait qu'elle n'était plus là. Je soupirais et retournais à la table où les autres s'étaient installés.
Nous étions arrivés hier, très tard dans la nuit. Cette escapade avait été appelé 'voyage scolaire', même s'il n'était en rien instructif. J'avais été étonné lorsque j'avais appris que le lycée souhaitait nous envoyer loin, au soleil. Je n'avais aucunement riposté, seulement j'étais surpris qu'on ne nous envoie pas dans un lieu froid et tout aussi ennuyeux que les cours que nous suivions d'habitude à l'école. Mais le décor qui me faisait face n'avait rien de tout cela : le ciel était bleu et sans nuage, tout le monde souriait et était libre et plus encore, nous avions un accès illimité à la mer et à une gigantesque piscine. Leur but avait-il été de nous détendre après la période difficile que nous avions vécu peu de temps avant ? De nous la faire oublier ? Je doutais beaucoup que les élèves aient gardé la moindre séquelle de l'incident quand je regardais la joie dont ils débordaient.
Je me concentrais sur mes amis, assis à cette table. Ils sirotaient des boissons. Leur discussion portait sur le sport. Je me contentais de les écouter sans jamais intervenir. Plusieurs me reprochaient d'être devenu distant et silencieux. Ils avaient en quelque sorte raison : plus rien ne m'intéressait, mise à part celle qui ne sortait plus de mes pensées. J'avais complètement perdu goût aux soirées alcoolisées, aux relations sans sentiments et sans lendemains, aux longues discussions sans grand intérêt.
La voix de mon meilleur ami me fit soudain sursauté :
- Regardez qui voilà ! dit-il ironiquement.
Je me retournais et la regardait, elle. Elle était accompagnée de ses trois amies. Toutes quatre étaient devenues inséparable depuis l'accident. Il les avait unies. Elles avaient toutes autant souffert les unes que les autres, ce qui me serrait le c½ur. Je me remettais à la contempler. Ses cheveux étaient à présent mouillés, j'en déduisais qu'elle s'était baignée. Enfin, je sombrais une nouvelle fois dans mes pensées, me remémorant les dernières semaines passées au lycée. Chaque détail me revenait, et à chaque fois, je sentais un atroce sentiment de haine monté en moi. Je n'aurais pu supporter cela une seconde fois, personne ne pourrait lui refaire de mal. Je me l'étais promis.
Cela s'était déroulé il y a quelques semaines de ça, peut être 3 semaines, ou peut-être un mois. Ce lundi là, un lycéen qui m'était alors inconnu, avait pénétré dans l'établissement. Son esprit et son corps étaient pris d'une rage folle. Il s'était dirigé vers la salle de soutient, sans que personne ne s'en soit rendu compte. Il s'était barricadé et avait sorti son arme. Il n'étais pas seul dans la salle, il était entouré de cinq jeunes filles, devenues tremblantes à son apparition. Aucune n'était proche. Elle avaient dû se croiser dans les couloirs, une ou deux fois, mais ne s'étaient jamais parlé. Personne ne savait exactement ce qu'il s'était passé dans cette pièce. Le lycée avait été évacué et la police s'était chargée de l'affaire. Nous avions seulement entendu le coup de feu et le cri d'une des jeunes filles. Enfin, après de longues heures d'attentes, les autorités avaient abattues le fou furieux et les filles avaient pu sortir. L'on avait retrouvé le corps d'une d'elles, étendu sur le sol glacé, gisant sans vie. C'était cet incident qui avait lié d'amitié les quatre survivantes et elle en faisait partie.
J'avouais honteusement ne jamais l'avoir remarqué avant. Le lycée étant vaste et le nombre d'élèves plus qu'important. J'étais, à cette époque, un adolescent inconscient et bête. Je ne connaissais rien de la vie, de ses nombreux obstacles à franchir. J'étais dans une bulle où le bonheur régnait. Seulement, cet accident avait changé ma vie, il m'avait ouvert les yeux. La vie n'est pas faite que de joie, c'est un mélange composé d'erreur, de drame et d'une dose de bonheur. Et elle était cette joie. Elle était ce petit quelque chose qui me rendait la vie plus belle, me faisait sourire.
J'avais compris que ce que je ressentais n'aurait jamais d'égal, du moins pour moi. Je l'aimais, l'adorais, l'admirais et la vénérais. Je voulais qu'elle me remarque et plus encore qu'elle m'aima autant que moi, mais je savais que même si cet amour n'était pas réciproque, les mots et les desseins poétiques qui se formaient en moi, seraient toujours présents. Qu'ils ne partiraient que lorsque j'aurais rencontré ce qui surpasserait le sentiment qui hantait mon c½ur. Et je n'étais pas prêt à me battre contre cet amour, bien au contraire. Mon seul désir était de le renforcer, d'attiser le feu, encore et encore.
Je savais qu'elle méritait ce que j'éprouvais pour elle. Bien que ne connaissant rien de sa vie. Ce que je savais d'elle, c'était tout ce que j'avais pu observé, tel son comportement et son entourage. Je ne demandais qu'à la connaître. Hélas, je n'en avais pas l'occasion. Que devais-je faire pour la découvrir ? Questionnez ses amis ? Aurais-je la force et le courage de m'adresser directement à elle ? De force et de courage, je ne manquais point. Mais lorsqu'elle apparaissait dans mon champ de vision, tous ces points forts se consumaient pour ensuite finir en un tas de cendre, balayé par les bourrasques du vent. Elle, elle était ce vent ; moi j'étais la poussière. Sans qu'elle s'en rendit compte, elle m'emportait loin de l'instant et de l'endroit. Elle était devenu la force. Elle était mon maître, j'étais son esclave. Ainsi était l'amour, le vrai, le profond. Il s'agissait de s'effacer du paysage pour lui laisser la place. J'étais le public lorsqu'elle se produisait sur scène.
Puis, le véritable amour n'est pas jaloux. Je pensais ne jamais envié les hommes qui l'approchait ou même lui parlait, j'aurais seulement aimé en faire parti. Si un ami parlait d'elle, vantait ses atouts, je ne faisait qu'acquiescer en souriant, ne pouvant nié qu'elle était splendide.
La plus belle de toutes, voilà ce qu'elle était. L'amour que j'éprouvais était si fort que toutes les femmes, celles du lycée, celles que je croisais dans de nombreuses fêtes ou dans la rue, je n'en voyais aucune. Ni leurs corps, ni leurs visages. Je ne pouvais qu'apprécier les discussions partagées avec elles, ou encore l'amitié sincère que certaines me portaient. Il n'y aurait rien de plus et je pensais qu'elles le savaient. Peut-être lisaient-elles en grosses lettres sur mon front FOU AMOUREUX. Cependant, aucune n'avait jamais découvert qui était l'élue de mon c½ur. Quand une d'elles me demandaient :
- Qui est-ce ? d'une voix douce.
Je me contentais de lui adresser un clin d'½il malicieux avant de tourner les talons.
Quant aux garçons, eux, n'avaient rien remarqué. Ils étaient pris, comme dans une bulle, où seuls les flirts pouvaient entrés, où l'amour vrai n'existait pas. Ils étaient inconscients du bonheur dont je débordais. Je leur souhaitais pourtant de tout c½ur de vivre ce que je vivais. Qu'ils découvrent que le bonheur ne signifie pas alcools et filles sexy. Et surtout, je voulais qu'ils apprennent que cet amour était plus que ça. Il permettait de grandir, de passer dans l'autre monde. De devenir un homme.
Un fort coup de coude dans les côtes me fit revenir au monde réel.
- T'as finis de rêver ? ricana mon ami.
Après un sourire plus qu'embarrassé, je me levais, désirant quitter cette ambiance oppressante. Je me contentais de leur dire :
- Je vais faire un tour.
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